La ferme de Meurchin

24 Le pigeonnier reconstruit en 19801450      Première trace de la ferme de Meurchin. Celle-ci appartient à l’époque à la famille Lezaire. Notons au passage que Meurchin viendrait du mot composé latin « muro cinctus » : lieu fortifié (entouré de murs) ou « macéria » (vieille maison ou muraille de pierre). Y aurait-il eu ici une fortification romaine pour protéger la route qui, de Tournai, se dirigeait vers Wervicq et Cassel ?

1681      Pierre Procope Lezaire est bailleur du domaine qui comprend 10 bonniers 1 cent ½ de pâtures et fossés, et 55 bonniers 10 cents de terres labourables d’un seul tenant.

1698      Le bail échoit à Pierre de Lobel pour 200 rasières de blé, 2 rasières de pois, 600 florins et 4 journées de corvées avec chariot à 2 chevaux.

1724      Incendiée en 1723, Meurchin est rebâtie et vendue à M. de Blenchâteau.

1789      A la Révolution, les barons de Vignacourt émigrent ; le château est démoli et ses profanateurs ne laissent debout que les immeubles nécessaires à l’exploitation des 50 hectares de terres qui environnent la propriété seigneuriale.

1959     En juillet, Agnès et Maurice Laude ainsi que leurs neuf enfants emménagent à le Ferme de Meurchin. Un dixième enfant complète la famille en 1961. 

2006      En septembre, la ferme de Meurchin est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, non seulement la motte castrale mais aussi tous les bâtiments, y compris la brasserie.

 

Lexique :

–  bonnier  (bonier) : unité de mesure agraire qui, dans la Flandre française, valait 1 ha 40 ares.

–  rasière : ancienne mesure de capacité employée à Lille, en Normandie et en Picardie, pour le grain, les fruits, le charbon, le sel. Valait  70 l 14 cl.

–   journées de corvées : journées de travail  non rémunérées consacrées à la pars dominica (terre réservée du seigneur). Concrètement il s’agit d’assistance au moment des labours, des moissons ou de la vendange ; elle peut impliquer pour le dépendant l’utilisation de ses propres bêtes de somme.

–  motte castrale (ou motte féodale) : dans les années 890, pour se protéger des envahisseurs, les habitants des régions agricoles se regroupent autour des propriétaires des grands domaines qui  font creuser, par les serfs, manants et vilains,  de grands fossés remplis d’eau. La terre,  accumulée au centre, forme une butte plus ou moins haute sur laquelle ils édifient leur maison. Pour passer le tour d’eau, un système de pont-levis sert de protection. C’est l’origine des mottes castrales. Il  en existait trois à Sailly : Neuville, Meurchin et la ferme de la Motte. Il ne reste aujourd’hui que la motte de Meurchin.